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Avant de jeter: réfléchissons

Nous sommes souvent les premiers à consommer, sans état d’âme, des produits dits «dépassés de date». Et parfois même avec fierté. Les amateurs de sardines millésimées le savent bien. Elles vieillissent, plus elles prennent de la valeur. Ce n’est pas une légende, c’est un fait. Alors pourquoi, face à d’autres produits, notamment alimentaires et pharmaceutiques, paniquons-nous dès qu’une date est dépassée? La Dre canadienne, Christiane Laberge, médecin de famille, rappelait une réalité peu connue: «Certains médicaments conservent leur efficacité plusieurs années après leur date de péremption». Et pour cause. Des dates… mais pour qui?

L’armée américaine, confrontée à des stocks de médicaments évalués à plus d’un milliard de dollars, s’est posé une question simple: Faut-il vraiment tout jeter à la date indiquée? Après des tests rigoureux, la réponse fut sans appel. La quasi-totalité des médicaments testés conservaient leur efficacité plusieurs années après la date inscrite, avec une perte minime pour un seul produit. Un grand pharmacien nous a confié que les dates limites de conservation sont souvent fixées par les industriels dans une logique de rotation rapide des stocks, bien plus que par un impératif sanitaire réel.

Des tests ont montré que, des yaourts consommés près de deux mois après la date indiquée présentaient la même saveur et la même fraîcheur. Des charcuteries sous vide restaient consommables plusieurs jours après la date. Des produits secs ou peu périssables, riz, pâtes, lentilles, biscuits, confiseries, chocolats, conservent goût et sécurité des années après la date affichée, lorsqu’ils sont bien stockés. Pourtant, chaque jour, des tonnes de nourriture parfaitement consommable finissent à la poubelle. Le cas des médicaments demande de la prudence, mais pas de la naïveté. Oui, certains médicaments (antalgiques courants comme le paracétamol, l’aspirine, l’ibuprofène, les anti-diarrhéiques solides, etc.) peuvent rester efficaces bien au-delà de leur date, avec une baisse souvent marginale de leur puissance.

Mais attention, tous les médicaments ne sont pas concernés. Les formes liquides, les antibiotiques reconstitués, l’insuline, la nitroglycérine, ou certains traitements vitaux ne doivent jamais être utilisés après expiration. La question n’est donc pas de consommer aveuglément, mais de comprendre, de trier intelligemment, et de cesser de jeter par réflexe. Ce gaspillage massif, alimentaire comme pharmaceutique, n’est pas neutre. Il enrichit des industries déjà florissantes, entretient une logique de surconsommation et vide nos portefeuilles, tout en appauvrissant la planète. Avant de jeter une Aspirine ou un paquet de riz oublié, posez-vous la question: Est-ce vraiment périmé… ou simplement arrivé à une date commerciale? La date imprimée n’est pas toujours une sentence. Elle est souvent un outil économique, rarement une vérité absolue.

S’informer, réduire le gaspillage, consommer avec discernement, c’est reprendre un peu de pouvoir, sur notre argent, notre environnement et notre esprit critique. Alors avant de jeter, réfléchissons.

Adjovi Fiawo

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