Le cas de la Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication (HAAC), qui vient de suspendre d’une façon odieuse et honteuse RFI et France 24, à cause de leur excellente analyse de la médiocrité du régime togolais, est l’illustration des coques vides mises en place par la dictature RPT/UNIR, non pour asseoir de la démocratie mais pour conforter la dictature.
Qui sont les membres de la HAAC? Tous des apparatchiks du RPT∕UNIR, incapables de dire non à Faure Gnassingbé. Ils sont inutiles pour la cause du peuple togolais. Que font-ils concrètement à part toucher de grasses indemnités, se demande-t-on dans les milieux de la presse privée et des spectateurs et auditeurs des médias d’État?
Nombreux sont les journalistes togolais qui exercent dans un climat de pression, d’intimidation, voire de répression, surtout lorsqu’ils osent toucher aux zones sensibles : gouvernance, droits de l’homme, détournements de fonds publics, élections, ou encore questions sécuritaires. Dans ce contexte, certains médias ont fini par se transformer en chambre d’écho du pouvoir, relayant à la lettre les communiqués officiels, glorifiant les actions du gouvernement sans jamais les remettre en question. Depuis des années, la presse togolaise évolue dans un environnement hostile à la liberté d’expression. Pressions politiques, arrestations de journalistes, suspensions arbitraires de médias… tout est mis en œuvre pour intimider ceux qui osent regarder le pouvoir en face. Pendant tout ce temps, on n’entend pas ces Messieurs de la HAAC. Que fait cette dernière? Rien. Oh si, elle se permet de donner des leçons de journalisme! Il faut dire et répéter à ces aveugles et sourds volontaires de la HAAC que le rôle d’un média sérieux n’est pas de faire l’éloge du chef de l’État ou de son entourage. C’est de poser les bonnes questions comme: Où vont les ressources du pays? Pourquoi les services publics sont-ils délabrés? Pourquoi la jeunesse togolaise fuit-elle massivement vers l’étranger? Pourquoi l’alternance reste-t-elle un mirage après des décennies de règne d’un même pouvoir qui a échoué?
Critiquer, c’est construire. C’est offrir aux citoyens des outils pour comprendre et agir. C’est aussi inviter le pouvoir à se corriger, à se justifier, à rendre compte. Un pouvoir qui refuse la critique, ou qui cherche à museler la presse, se condamne tôt ou tard…
Le Togo mérite une presse libre et indépendante, qu’elle soit nationale ou internationale. Une presse qui ne courbe pas l’échine devant les puissants, mais qui reste debout face à la vérité. Le peuple togolais n’a pas besoin d’une presse de flatterie. Il a besoin d’une presse de vérité. Il faut supprimer cette HAAC au service de la dictature pour faire faire des économies au peuple togolais.
Eric Georges Anani Lawson


