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    Du vocabulaire des dictateurs

    La dictature, contrairement à ce que l’on croit, n’est pas un simple travestissement des valeurs humaines et des valeurs tout court, mais bel et bien une rébellion contre Dieu. Dictature et divinité : voici le combat des titans! La dictature est idolâtrie. C’est une secte idéologico-idolâtre dans la jungle des bassesses de l’esprit. Si vous analysez les comportements dictatoriaux, vous voyez comment leur évolution obéit à une logique génialement diabolique. Dans un premier temps, il s’agit de se présenter comme le défenseur des opprimés, et de tous les idéaux auxquels nous sommes tous attachés : la primauté de la vie et son caractère sacré, la dignité humaine, la liberté dans toute son ampleur divine autant que profane, etc. Une façon de nous préparer à l’arrière-goût de jouissance inachevée et malaisée que nous laissera leur retrait subit.

    L’autre logique est de prétendre désenvoûter la femme de ses multiples coups du sort en la chosifiant. Prendre plus d’une femme, pour le dictateur, c’est sauver la gent féminine du marasme totalitaire institué en mode de gouvernement « je gagnerai ton pain à la sueur de mes fantasmes ». Sous les ailes du « protecteur », point de salut.

    Enfin, la dictature prône un véritable rituel sacrificatoire par la base; les exhalaisons régénérescentes en entretenant le sommet assuré ainsi qu’un éternel recommencement. Parler d’une anthropophagie à l’africaine est un euphémisme passé de mode. C’est la désintégration planifiée de l’espace personnel au profit d’une dimension collective indifférenciée. La dictature, c’est cela: « dictaturer » de la façon la plus primitive possible, sans gêne; comme l’enfant qui prend plaisir à faire dans ses couches.

    Dictaturer, c’est mettre le monde sur sa tête afin de vérifier s’il est à l’envers ou à l’endroit et quand on se rend compte qu’il est à l’envers, de se dire « eh bien, laissons-le ainsi puisqu’il préfère être ainsi ». Les différents sens que la dictature prend sous le couvert de nos mots courants, sont tout aussi rebelles que prétentieux : ils prétendent réinventer le monde qu’ils ont dynamité, avec Dieu en moins. Voilà un outrage, non plus à Dieu, mais à toute l’Existence et à la nature humaine. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est aussi une fissure dans l’édifice dictatorial; dès lors que la blessure ainsi faite éclabousse en retour celui qui l’a provoquée. Que le répertoire dictatorial que voici vous plaise ou non, vous êtes appelés à vous y familiariser. Qui sait? Peut-être vous sauvera-t-il d’une situation embarrassante. Un homme averti, dit-on, en vaut dieu…enfin, deux quoi!

    Animation: Masturbation intellectuelle; messe noire et rite d’initiation à « l’endormissement »; cantique pour dictateur; culte pour le « dieu de la terre ».

    Animer: Égayer et aiguillonner le bourreau; façon d’accueillir les hôtes de marque dans le « pays de paix et des droits de l’homme » de l’Afrique, ou d’anesthésier le peuple.

    Dictature: N’existe pas dans les dictionnaires vendus dans les états-policiers. Ou, s’il existe, ne se rapporte aucunement à leur situation. Il y a cependant, le mot « opposant », depuis l’avènement du multipartisme.

    Dictateur: N’existe pas pour les satrapes mais ils l’appliquent aux opposants qui les « emmerdent ». Ce sont eux qui se promènent de pays en pays pour demander des sanctions contre les tyrans. Eux qui prônent le respect des droits de l’homme, des libertés publiques et l’alternance au pouvoir, envieux du trône de leurs « sauveurs » et des réussites des « présidents-prophètes ».

    Dictaturer: Gouverner par la terreur et la force des armes; se livrer à une forme de délinquance gouvernementale; s’éterniser au pouvoir.

    Expert: Dictateur international ou esclavagiste en mission.

    Fouille: Règlement de compte; rançonnement de la population; humiliation en tout genre; intimidation dictatoriale, viols des femmes, etc.

    Média d’État: Média des tas; les média, c’est moi, moi les média, moi la seule information, moi le spectacle.

    Neutralité: Principe qui consiste à ne pas se prononcer sur des sujets délicats susceptibles de causer des préjudices à autrui. Vaut surtout dans une situation de multipartisme et concerne l’administration, l’armée et tous les autres services publics. Mais pour la dictature, tout ce qui la sert observe le droit de réserve; même au mépris de la neutralité élémentaire. Déclarations fracassantes et haineuses à l’encontre des adversaires en dehors du pouvoir. Cependant, ce dernier peut neutraliser ses opposants en les obligeant à choisir la neutralité.

    Kossivi Milagan

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