Au Togo comme dans beaucoup de pays africains, l’on accède au pouvoir et aux hauts postes de l’administration pour voler avec comme objectif de devenir milliardaire et d’en mettre plein la vue à ses concitoyens.
Cette mentalité de kleptocrate est si ancrée dans les esprits que dans des pays comme la Côte-d’Ivoire, et le Gabon, il y a une décennie encore, l’on traitait d’imbécile celui qui avait été ministre une année ou deux et qui avait quitté son poste sans être milliardaire.
Ce cynisme de la population qui est la victime des voleurs au pouvoir, montre à quel point le pillage de nos pays par les dirigeants, a été érigé en règle non écrite: se servir et non servir.
Au Togo, la Cour des comptes avait révélé un scandale majeur sur les fonds COVID‑19: plusieurs ministres, dont ceux du commerce, de la santé, et du développement rural, sont directement pointés pour surfacturation et malversations autour de 21,8 millions USD. Et le cynisme, c’est que les voleurs identifiés n’ont pas été punis.
Faut-il s’en étonner? Peut-être pas. Dans un pays comme le Togo où les mécanismes de contrôle sont muselés, où la justice est soumise au pouvoir exécutif, où la corruption semble être institutionnalisée et le vol érigé en système de gouvernement. Et tant que le peuple ne trouve pas vite les moyens de sanctionner ses dirigeants, on lui pissera dessus.
Anani Ahoévi


