Avec la rentrée scolaire du 15 septembre 2025, on voit partout en vente sur les trottoirs, dans des magasins et des établissements scolaires, des livres au programme piratés qui sont en vente frauduleusement.
Des éditeurs dont les ouvrages sont piratés depuis des années, ont saisi la police à plusieurs reprises pour faire cesser ce vol de la propriété privée ou du peuple (lorsque l’État est le propriétaire). Des bandits ont été arrêtés disposant de matériels d’imprimerie.
Peine perdue. Chaque année, c’est le même scénario. À la longue, les éditeurs togolais pourraient être acculés à la faillite. Et ce serait une perte pour l’État, parce que, eux, ils paient des impôts, contrairement aux malfrats.
La veille de cette rentrée scolaire, en jetant un coup d’œil, par hasard, aux achats scolaires de quelques parents, j’ai découvert que certains ouvrages commandés par l’État sont interdits de vente, et pourtant certains sont vendus aux parents quasi sinistrés financièrement, jusqu’à 2 000 francs CFA. Entre 0 franc et 3 000 francs CFA, la marge des bandits est énorme.
Après avoir interrogé des éditeurs et des vendeurs sur des trottoirs, il y a quelques années, l’impression qui prévaut est qu’il s’agit d’un vaste réseau mafieux avec des complicités jusque dans l’administration et certains établissements scolaires qui vendent parfois de mauvaises photocopies de livres appartenant à des éditeurs, aux élèves. Les livres distribués par le ministère sont-ils en nombre suffisant? Car la pénurie crée la surenchère. Seules manquent les preuves pour démanteler ce supposé réseau.
Le ministère des Enseignements primaire et secondaire doit faire diligence pour mettre fin aux méfaits de ceux qui détournent les biens du peuple et taxent indument les parents pour lesquels une rentrée scolaire est toujours une galère. La tâche est facile: ces livres se vendent publiquement, à visage découvert. Il y va de la crédibilité du ministère de tutelle qui doit des explications au peuple togolais, car les parents n’y comprennent rien. Un livre gratuit ne peut être vendu; c’est la seule certitude que nous ayons.
Ayayi Togoata APÉDO-AMAH


