L’établissement d’une justice financière internationale est devenue une nécessité pour l’existence des États. Elle implique des avancées juridico-économiques aux niveaux national et international. Quelques pistes sont à exploiter, même si dans le panorama politique actuel, elles peuvent sembler aléatoires:
La dette odieuse et illégitime du Togo par exemple : des enquêtes indépendantes peuvent être réalisées pour déterminer l’illégitimité de la dette extérieure du pays. Selon le droit international, une dette est illégitime lorsqu’elle a été contractée par un régime non-démocratique, par un dictateur, à travers un détournement de fonds publics ou à travers la corruption sans profiter aux populations locales et avec la collaboration des créanciers.
L’Afrique en quête d’équité
Alors que l’Afrique croule sous le poids d’une dette colossale, perd des milliards chaque année à cause de l’évasion fiscale, et reste largement marginalisée dans les instances de décision économiques mondiales, la revendication d’une justice financière internationale devient un impératif.
L’Afrique est riche. En ressources naturelles, en capital humain, en créativité. Pourtant, elle reste l’un des continents les plus appauvris du monde. Une contradiction qui n’est pas due au hasard, mais au fonctionnement d’un système financier international profondément déséquilibré.
Du Togo à Kinshasa, de Congo-Brazaville à la Guinée Équatoriale, les voix s’élèvent : il est temps que les règles du jeu changent.
L’hémorragie silencieuse des capitaux
Chaque année, ce sont plus de 88 milliards de dollars qui quittent illégalement l’Afrique, selon la CEA (Commission économique des Nations unies pour l’Afrique). Une hémorragie alimentée par l’évasion fiscale, les pratiques comptables agressives des multinationales, et la complicité de certains paradis fiscaux.
Les grandes entreprises du secteur minier, pétrolier ou agricole exploitent les richesses africaines mais laissent peu de bénéfices aux pays hôtes. Les profits sont transférés à l’étranger, les impôts évités, et les États se retrouvent démunis pour investir dans la santé, l’éducation ou les infrastructures.
Une dette qui enferme plus qu’elle ne développe
En 2025, plus de la moitié des pays africains sont confrontés à un risque élevé de surendettement. Pourtant, une part importante de cette dette est jugée illégitime, contractée dans des conditions opaques, sans bénéfice réel pour les populations.
Le paradoxe est cruel : alors que les pays riches se permettent des déficits budgétaires massifs pour soutenir leur économie, les pays africains doivent réduire leurs dépenses sociales pour rembourser des créanciers puissants, parfois privés, souvent peu transparents.
Des décisions mondiales sans l’Afrique
Les grandes orientations financières internationales sont encore largement définies par les pays du G7 ou au sein du FMI et de la Banque mondiale, où l’Afrique pèse peu dans les votes et les discussions. Pourtant, ce sont souvent ses peuples qui subissent de plein fouet les conséquences de ces décisions.
Les pistes vers une justice financière
Les économistes africains, les mouvements citoyens et même certaines institutions appellent à un rééquilibrage profond:
- Mettre fin à l’opacité des flux financiers et imposer la transparence fiscale mondiale ;
- Créer un mécanisme international de résolution des dettes permettant d’annuler celles jugées illégitimes ;
- Réformer la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale pour une représentativité plus juste ;
- Lutter contre les paradis fiscaux et imposer équitablement les multinationales.
Une question de souveraineté et de dignité
Pour de nombreux Africains, la justice financière n’est pas qu’une affaire de chiffres ou de technique économique. Elle touche à la souveraineté, à la dignité, au droit au développement. Elle est essentielle pour briser le cycle de dépendance et permettre une Afrique maîtresse de ses ressources et de son destin.
La bataille est mondiale, mais elle commence localement. Et elle se joue maintenant.
Anomalies dans la Gestion des Fonds COVID-19
- Des marchés attribués sans cadre légal, notamment au ministère du Commerce, avec des commandes de riz pour plus de 8,5 milliards de francs CFA sans justification.
- Des commandes d’engrais d’une valeur de 4,5 milliards de francs CFA établies sans mise en concurrence au ministère de l’Agriculture.
- Des virements effectués sur des comptes bancaires personnels dans le cadre de la réquisition d’hôtels pour la riposte contre la pandémie.
Près de 800 millions de francs CFA non dépensés dans le cadre du programme Novissi, sans explication des autorités concernées.
Flux Financiers Illicites
- Entre 2004 et 2013, le Togo a enregistré des flux financiers illicites cumulés estimés à plus de 15 000 milliards de francs CFA, principalement dus à la fausse facturation dans le commerce extérieur.
Ces chiffres illustrent l’ampleur de la corruption et des détournements de fonds publics au Togo, affectant gravement les secteurs clés du développement tels que les infrastructures, la santé et l’éducation. La lutte contre ces pratiques demeure un défi majeur qui n’est autre que de mettre dehors le régime dictatorial et corrompu de Faure Gnassingbé et procéder à une confiscation pure et simple de tous les biens mal acquis des dirigeants et de leurs proches.
Anani Togovi


