Le Togo suffoque. Chaque jour qui passe enfonce davantage le peuple togolais dans un gouffre de misère, d’humiliation et de colère contenue. Ce pays n’est pas seulement mal gouverné, il est pris en otage. Pris en otage par une minorité qui a fait de l’État une propriété privée, un instrument d’enrichissement personnel et un outil de domination brutale.
Voici les véritables visages du pouvoir: des hommes et femmes astucieux, calculateurs, qui ont méthodiquement mis le pays en charpie. Des esprits prétendument brillants, mais entièrement dévoués à la prédation et la corruption. Des individus qui ne rêvent que d’accumuler, détourner, confisquer, pendant que le peuple survit, ou ne survit plus.
Ils se présentent comme des élites mais ne sont que les gardiens d’un système qui broie tout: les ambitions, les libertés, les vies humaines. Une machine froide, organisée, où la corruption n’est plus une dérive mais une règle et un système, où l’impunité est une garantie, et où la violence est une méthode de gouvernement. Oui, la violence qui torture, mutile et réduit au silence. Celle qui plane comme une menace permanente au-dessus de chaque Togolais qui ose penser, parler, contester.
Le pouvoir en place n’inspire pas le respect, il impose la peur. Pendant ce temps, une escouade de pillards s’active sans relâche. Les richesses du pays sont siphonnées, les opportunités confisquées, l’avenir hypothéqué. Le Togo, pourtant fertile, dynamique, plein de ressources humaines, est maintenu volontairement dans un état de dépendance et de fragilité. Et face à cela, comment peut-on demander aux citoyens, le silence, la résignation, la soumission…
Mais quelque chose va bientôt craquer. Car le désespoir a atteint un seuil critique. Il n’est plus seulement souffrance et devient conscience. Oui, la conscience que rien de tout cela n’est normal, que ce système repose sur une illusion qui n’est autre que son éternité. Aucun pouvoir fondé sur la peur, le pillage et le mépris ne tient indéfiniment. Aucun.
Le peuple togolais n’est pas condamné à ramper. Il doit se lever, refuser et briser ce cycle. L’histoire ne pardonne pas aux peuples qui renoncent, mais se souvient de ceux qui se dressent. Le Togo n’est pas mort. Il est étouffé et les guignols qui en sont responsables, doivent savoir que tout ce qui est étouffé, finit un jour par exploser.
Guy Agbépkonou


