En cherchant, le 20 mai 2021, la date précise de la signature de la bulle Romanus Pontifex du pape Nicolas V (Tomasso Parentucceli), un authentique trouduc, j’ai consulté le Larousse illustré de 1989, le Larousse illustré de 2017 et le Robert 2 de 1988. Peine perdue, à mon grand étonnement.
En effet, ce pape criminel et génocidaire qui a ouvert la voie aux esclavagistes du 15ème siècle en Europe, avec la bulle Romanus Pontifex, en 1455, en niant aux Noirs la possession d’une âme et donc de toute humanité, ce qui induit que les tuer, les violer, les esclavagiser, les torturer, éventrer les femmes enceintes et jeter leurs bébés dans le feu, sont des actes normaux qui ne sont ni des crimes, ni des péchés.
Ce pape taré de Nicolas V dont le nom n’est resté dans l’histoire qu’à cause de ce crime qui fait de lui un plus grand criminel que de très grands massacreurs comme Adolf Hitler, Napoléon Bonaparte et Léopold II de Belgique, les célèbres dictionnaires de la France autoproclamée «Fille Aînée de l’Eglise», «Pays des droits de l’homme», ont délibérément omis la signature de la bulle Romanus Pontifex et tout lien rattachant ce zozo pontifical ensoutané avec l’esclavage.
C’est du négationnisme historique. Cette façon crapuleuse des vainqueurs et colonialistes européens d’écrire l’histoire des peuples vaincus et la leur, est la preuve que les Européens, qui ont conquis la terre entière, n’arrivent toujours pas à assumer un passé génocidaire à une époque où ils s’érigent en donneurs de leçons de démocratie et d’humanisme. Ils ont besoin d’une sacrée cure de décolonisation mentale. La vérité est travestie au nom d’intérêts sordides et mafieux.
Nicolas V est un personnage éminent de la conquête et du pillage des peuples non européens. L’esclavage, la colonisation, les génocides ont permis une prospérité et un progrès sans équivalent de l’Europe à partir du 15ème siècle. Le Vatican et les royaumes conquérants d’Europe se sont repus comme des tiques sur le dos d’un chien du sang et de la sueur des peuples d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie.
Ce négationnisme historique par omission des dictionnaires de référence d’un pays colonialiste comme la France, qui continue d’opprimer et de voler l’Afrique francophone, est une insulte adressée aux peuples africains et une manifestation d’hypocrisie dans un pays dont le parlement a qualifié l’esclavage de «crime contre l’humanité». Et le comble, c’est que les papistes de son temps ont surnommé le sybarite Nicolas V de «pape humaniste»! C’est de l’humour noir?
Les opprimés que nous sommes, ne peuvent pas forcer la plume des énergumènes complexés qui cachent leur passé de génocidaires. Écrivons donc notre propre histoire, celle des vaincus, mais des vaincus décomplexés, sans haine ni désir de vengeance pour un devoir de mémoire et de vérité.
La tâche capitale qui nous incombe est la libération de notre continent des impérialistes occidentaux de tous poils et de nos régimes politiques africains fantoches et esclaves. La tâche est ardue parce que nos peuples subissent la double peine des ennemis de l’extérieur et des ennemis de l’intérieur.
Ayayi Togoata APEDO-AMAH


