Le fils a renoué avec les vieux démons du père, qui est la pratique des écoutes illégales sur les lignes téléphoniques.
Le Haut Conseil de la République (HCR) avait supprimé cette pratique odieuse pendant la transition démocratique et fait détruire tout le matériel d’espionnage des citoyens mis en place par Eyadema et ses sbires sans foi ni loi.
Aujourd’hui, c’est le fils qui gaspille des milliards de FCFA dans les applications et technologies d’écoutes téléphoniques dont Pegasus, pour espionner les journalistes et les opposants à son régime, pendant que les hôpitaux tombent en ruine, les écoles manquent de toits, le chômage et la misère règnent en permanence.
Mais Faure aurait tout simplement redéployé la grande partie des fameux gadgets à la mise d’écoute des principaux piliers de la dictature. Il se méfie à présent de ses fidèles officiers, à la suite des divers putschs au Mali, Guinée Conakry et récemment chez le voisin du Burkina Faso. Ainsi, les officiers de son armée sont eux aussi espionnés. Faure a des nuits blanches…de l’insomnie.
Tout est possible, se dit-il, dans sa peur morbide de perdre le pouvoir qu’il a usurpé. Selon des sources très fiables, plusieurs officiers de l’armée togolaise ont été placés sur écoute, y compris des militaires considérés peu fiables ou liés à l’opposition sous l’ordre de Faure Gnassingbé.
L’Agence nationale des renseignements (ANR), service de renseignement togolais, dispose à cet effet d’un système sophistiqué de surveillance, fourni par Israël pour plusieurs milliards de nos francs.
Le déficit de confiance est si grave que les officiers du despote en sont venus à se méfier les uns des autres. C’est le prix à payer pour ceux qui défendent les intérêts d’un homme contre ceux d’un peuple.
Ces officiers qui ont cru devoir lier leur sort à celui du fils après celui du père, ont des motifs d’être amers, très amers. Faure les surveille comme du lait sur le feu au moment même où il compte sur leur soutien pour conserver son pouvoir illégal.
Mensah Agbo


