AccueilOpinionsOpinionPréparer l'ultime bataille contre la dictature et les pseudo-opposants

Préparer l’ultime bataille contre la dictature et les pseudo-opposants

Le peuple togolais ne demande plus des promesses, il exige des preuves, ne veut plus des slogans,  attend des actes. Dans la bataille ultime contre la dictature, l’heure n’est plus aux figurants, encore moins aux marionnettes bien nourries par le système qu’elles prétendent combattre. Le peuple veut des chefs, de vrais, des incorruptibles. Des femmes et des hommes de confiance, enracinés dans la souffrance collective et capables d’en porter l’espérance sans la vendre au plus offrant. Or que voit-on depuis des décennies? Une opposition de façade, une opposition d’apparat, une opposition de conférences de presse et de calculs électoralistes. Des pseudo-opposants, experts en indignation sélective, champions de la posture, virtuoses de la compromission. Des « leaders » qui parlent fort le jour et négocient la nuit. Des « combattants » qui jurent fidélité au peuple jusqu’à la première enveloppe, au premier poste, à la première nomination, à la première invitation dans les salons du pouvoir.

Arrière les chefs menteurs, bouffeurs, voleurs, grands soupeurs! Ceux-là ont fait de la lutte un fonds de commerce. Ils ont transformé la misère populaire en carrière personnelle et vivent de la colère du peuple mais refusent d’en assumer les risques. Ils instrumentalisent les martyrs, les morts, les prisonniers, les exilés, puis s’empressent d’oublier leurs noms dès qu’un compromis se profile. Ils parlent de sacrifice mais n’ont jamais sacrifié autre chose que le temps des autres. Arrière les chefs hypocrites, avides de s’enrichir! Ils dénoncent la dictature tout en en adoptant les mœurs: culte de la personne, absence de débat interne, opacité financière, clientélisme. Ils exigent la démocratie pour le pays mais refusent la critique dans leurs partis. Ils prêchent la transparence tout en dissimulant leurs deals. Ils crient à la fraude mais dans le même temps, négocient un strapontin.

Ces pseudo-opposants sont le carburant discret de la dictature. Ils en sont la soupape de sécurité et servent à canaliser la colère, à l’épuiser dans des marches sans lendemain, à l’enfermer dans des échéances truquées, à la dissoudre dans des dialogues stériles. Ils sont l’illusion nécessaire pour que le système se perpétue en se donnant l’air du pluralisme. Le peuple togolais a payé trop cher pour continuer à être pris en otage par ces entrepreneurs de la défaite. Trop de sang versé, trop de vies brisées, trop de talents contraints à l’exil pour tolérer encore ces chefs pourris qui confondent leadership et opportunisme, courage et bavardage, stratégie et renoncement.

La bataille ultime contre la dictature n’est pas seulement contre le pouvoir en place. Elle doit être d’abord contre cette opposition frelatée qui sabote de l’intérieur toute possibilité de rupture. Il faut le dire sans détour. Tant que la tête de la contestation sera occupée par des hommes et des femmes prêts à trahir la juste cause du peuple pour une bouchée de pain, la dictature dormira tranquille. Le peuple veut des chefs incorruptibles, crédibles, fiables et non des négociateurs permanents.
Des chefs responsables et non des pyromanes de discours. Des chefs cohérents, et non des équilibristes de la compromission. Des chefs courageux, capables de perdre des avantages personnels pour gagner une victoire collective. Un vrai chef ne confond pas la patience stratégique avec la capitulation. Il ne s’accroche pas à son fauteuil de président de parti comme le dictateur s’accroche au pouvoir. Les imposteurs doivent être balayés comme des ordures. Le peuple togolais, mûri par l’épreuve, n’est plus dupe. Les noms seront retenus, les trahisons surtout.

Arrière les chefs pourris! Place à une génération de leaders sobres, enracinés, responsables. Place à des chefs qui ne mangent pas la lutte, mais qui la servent. Place à des chefs qui ne marchandent pas la dignité, mais qui la défendent. Sans cela, la dictature continuera de prospérer sur les ruines d’une opposition qui a trahi sa mission première qui est d’être la voix ferme, fidèle et incorruptible du peuple.

Anani Ahoévi

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