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Peuple togolais, ton silence est complice: entre inertie collective et urgence d’un réveil citoyen

Dans les périodes critiques de l’histoire d’une nation, il est des attitudes qui, sans bruit ni fracas, façonnent pourtant le destin collectif. Le silence en fait partie. Il peut être dignité, prudence ou stratégie. Mais il peut aussi devenir renoncement, abdication, voire complicité. C’est précisément cette ambivalence que révèle avec force l’interpellation: «Peuple, ton silence est complice!»

Contrairement à une vision méprisante ou simpliste des masses populaires, il ne s’agit pas ici de considérer le peuple comme naïf, incapable ou dénué de conscience politique. Bien au contraire. L’analyse suggère clairement que le peuple conserve une vitalité intrinsèque, une intelligence sociale et une mémoire historique. Il comprend, observe, ressent. Alors pourquoi ce silence? Ce mutisme collectif ne traduit pas nécessairement une absence de lucidité. Il peut être le produit de plusieurs facteurs comme la peur de la répression, la fatigue face à des luttes répétées et souvent infructueuses, la désillusion vis-à-vis des élites politiques, ou encore une stratégie d’attente, dans l’espoir d’un moment plus propice. Mais quelle qu’en soit la cause, le silence prolongé finit par produire des effets politiques bien réels.

Ce silence est un frein à l’histoire. Le silence des uns et des autres nuit considérablement à la cause. Cette affirmation met en lumière une vérité fondamentale. L’histoire n’avance pas seule. Elle est le fruit d’actions humaines, de prises de position, de ruptures parfois nécessaires. En se taisant, le peuple retarde les transformations attendues, affaiblit les dynamiques de changement et laisse le champ libre aux forces adverses. L’inaction repousse indéfiniment l’avènement d’un avenir meilleur. Autrement dit, sans engagement, l’espoir devient illusion.

Le plus inquiétant réside dans ce décalage. D’un côté, une réalité qui se durcit, et de l’autre, une population qui tarde à réagir. Pendant ce temps, l’adversaire aiguise son couteau. Cette métaphore forte indique que les forces opposées ne sont pas passives. Elles s’organisent, se renforcent, se préparent. Elles n’agiront pas de main non armée, c’est-à-dire sans stratégie ni moyens. Face à une telle détermination, le silence devient non seulement insuffisant, mais dangereux.

Peuple debout! C’est ton droit.

Guy Agbépkonou
Pour DjaleleNews

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