Quand les chefs d’opposition méprisent leurs militants: le cynisme à visage découvert
« Donnez-moi vos voix, mais gardez vos critiques pour vous! » Voilà, en substance, le message que certains chefs de partis d’opposition africains envoient à leurs propres militants. Un message non-dit, mais trahi par leurs paroles et attitudes.
Dans plusieurs pays africains, des chefs de partis d’opposition, censés incarner l’alternative au pouvoir en place, tombent dans un piège qu’ils dénoncent pourtant: le mépris du peuple. Le militant utile, mais seulement dans l’isoloir. Pendant les campagnes électorales, ces leaders sont partout: dans les marchés, les quartiers populaires, les villages reculés. Ils prennent des photos avec des vendeuses, serrent la main des jeunes désœuvrés, écoutent avec un air concentré les doléances des anciens. Ils prononcent de grands discours sur « le peuple », « la base », « la souveraineté populaire ».
Mais une fois les élections passées, ou pire, lorsqu’ils sont critiqués par leurs propres partisans, le ton change brutalement. On entend alors: « Toi, qu’est-ce que tu comprends à la politique? Tu n’as même pas le BEPC! ». « Il faut avoir étudié à l’université, terminé une licence ou une maîtrise pour comprendre la stratégie… » (rire). Autrement dit: ton avis ne compte plus, car tu n’es pas assez instruit pour me critiquer.
Une hypocrisie profonde et dangereuse.
Ce comportement est non seulement hypocrite, mais aussi profondément antidémocratique. Car quand il s’agit de récolter des voix, ces mêmes chefs ne demandent à personne: « As-tu fait l’université avant de voter pour moi? ». Non. Tout le monde est bon à voter. Mais tout le monde n’est pas bon à critiquer. Le diplôme devient soudain un filtre d’accès à la parole. C’est une manière cynique de réduire au silence les plus modestes, ceux-là mêmes qui ont porté ces leaders à bout de bras pendant des années. Et ce qui rend ce comportement encore plus choquant, c’est qu’on ne voit jamais cela chez les chefs de partis en Europe ou en Occident. Même lorsqu’ils sont confrontés à des critiques virulentes, jamais un homme politique sérieux ne répondra à un citoyen en l’humiliant à cause de son niveau d’études. Là-bas, la démocratie impose le respect du citoyen, instruit ou non. Mais chez nous, certains leaders pensent que leur diplôme leur donne le droit d’écraser leurs propres partisans dès qu’ils ouvrent la bouche.
Mépris social déguisé en autorité politique
En réalité, cette attitude trahit un élitisme mal dissimulé. Ces leaders de partis politiques pensent consciemment ou non, que seule une certaine « élite » a le droit de réfléchir, de contester, de proposer. Mais la démocratie ne fonctionne pas ainsi. Le droit de parole et de critique n’est pas réservé aux diplômés. Il appartient à chaque citoyen. Ce n’est pas un doctorat qui donne le droit de dire: « Je ne suis pas d’accord. » C’est la citoyenneté.
Un réflexe d’orgueil ou d’échec?
Lorsqu’un leader n’a plus d’arguments, il attaque la personne. Et dans un continent où les inégalités scolaires sont profondes, il est facile et lâche de jouer la carte du mépris scolaire. Ce mépris cache souvent un refus d’écouter, une incapacité à se remettre en question ou pire: la peur d’être dépassé par sa base. Car parfois, oui, des militants moins instruits posent les bonnes questions. Des questions dérangeantes. Des questions que personne n’ose poser dans les cercles du pouvoir, même au sein des partis d’opposition.
Briser le mur entre les élites et la base
Ce fossé entre dirigeants et militants mine la crédibilité de l’opposition. Comment demander au peuple de vous faire confiance si vous le méprisez dès qu’il n’est pas d’accord? Comment parler de « rupture », de « changement », quand on reproduit les mêmes logiques de domination que le pouvoir en place? Le vrai changement commence par là: écouter sincèrement ceux qui n’ont pas de tribune, de micro, ou de diplôme. Accepter que la vérité peut venir de n’importe qui, de n’importe où. Qu’une femme sans instruction peut mieux sentir la souffrance du pays qu’un intellectuel enfermé dans son bureau.
Respecter pour rassembler
À tous les chefs de partis qui se reconnaissent dans ce comportement, souvenez-vous que les diplômes ne vous donnent pas le monopole de la vérité et que vos militants ne sont pas des escaliers pour gravir le pouvoir, puis des tapis à piétiner une fois en haut. Le peuple togolais est intelligent, même quand il est moins instruit que certains d’entre vous. Il mérite mieux que le mépris. Il mérite des leaders humbles, justes et cohérents. Parce qu’en démocratie, le respect est la première forme de loyauté envers le peuple. Et en Occident les politiciens comprennent et maîtrisent bien cet enjeu important pour conquérir l’électorat.
Eric Georges Anani Lawson



Ils sont vraiment nombreux, ces pète-secs. Je me rappelle déjà que Jean-Pierre Fabre avait questionné sur les études scolaires de Ayité Ferdinand pour le critiquer.
merci pour cette belle analyse, mon frère.
De toute façon, ces chefs de partis d’opposition alimentaire sont tous grillés loooooooooooo. Ils aiment la soupe du RPT/UNIR.
Émigo wé
hahaha, le champion de ce comportement là, c’était Edem Kodjo. Il refusait de recevoir des chefs de village parce qu’ils n’étaient pas instruits. Il ne respectait pas les gens qui ne sont pas de sa classe. C’est pour cela que Agboyibor avait eu la majorité relative avec son parti aux législatives de 1994. Il écoutait tout le monde, mangeait avec la main ensemble avec les villageois et dansaient avec eux. il écoutait et répondait à aux questions des gens avec respect. C’est dommage qu’il a trahi, lui aussi. Il aurait quand même fait un bon président.
Beaucoup d’entre vous ici fustigent ces minables. Mais c’est certain qu’il y a parmi les critiques, des gens qui feront comme eux s’ils devenaient chefs de partis politiques. C’est dans les gênes des Africains. Ils aiment se donner de l’importance en dévalorisant leur semblable.
Arrêtez de citer 1 ou 2. Tous les chefs de partis sont comme ça. Il y en a qui sont plus baveux que d’autres, c’est vrai. Au fait, c’est tous des apprentis dictateurs. Ils essayent de rabaisser ceux qui les critiquent, surtout ceux qui sont moins instruits qu’eux. C’est comme s’ils ne sont pas critiquables. Quand ils demandent à la population de sortir pour manifester ou de voter pour eux, ils ne leur demandent pas quelle étude ils ont fait à ce moment là.
Bande de cons.
Leurs cerveaux ne fonctionnent pas bien. Ils sont concentrés sur les postes ou l’argent que UNIR va leur donner.
Tu es belle. Attention aux Balthasar.
Tu es ici pour draguer ou commenter l’article?
votez pour moi mais taisez-vous, quoi?
ils aime qu,on les appelle Dr ou professeur mais leur t^te sont vide
Vous vous attendez à quoi de ces gens? Ils sont tous comme ça avec leurs batteries de cuisine comme diplômes. Ces derniers ne leur permettent pas de réfléchir mais plutôt de se prostituer avec les dictatures pour leur ventre insatiable.
Espèce de cafards.