AccueilSociétéTentative de suicide d'un jeune homme pour une moto volée

Tentative de suicide d’un jeune homme pour une moto volée

On n’a jamais su ce qui pousse les hommes à se montrer très brave devant les femmes quand bien même ils ne sont que le symbole le plus vivant du peureux. Et quand vous en voyez qui se donnent de ces airs de courageux, sachez que leur comportement cache des faiblesses, des complexes qu’ils refusent d’afficher devant madame pour mériter davantage de son amour. Il suffit que les femmes tournent le dos pour qu’ils redeviennent tout petits avec leurs réactions épidermiques d’enfant facilement manipulable. Ainsi va la vie des hommes.

Lucien G., jeune cadre de l’État venait d’acheter une moto Yamaha toute neuve dans une maison de commerce. Aussitôt les premières révisions effectuées sur la moto, il se précipite chez Rosine, une jeune fille du quartier Kodjoviakopé, sur laquelle il avait jeté son dévolu mais qui résistait toujours à ses avances. Ce soir-là, il voulait ajouter un plus à ses atouts. Alors, quand il arriva chez Rosine, il ne descendit pas de la moto, mais prit soin de pousser le gaz à fond pour signaler une présence inhabituelle dans le quartier.

La manœuvre était si singulière que certains passants et habitants durent prêter attention au pilote. Satisfait, il descendit enfin de la moto, coupa le moteur, retira la clef de contact et s’en alla tranquillement frapper avec joie au portail de la maison de Rosine. Le tout premier geste de Lucien fut d’obliger Rosine à admirer sa merveille.

Elle félicita son prétendant et l’invita à entrer à la maison où Lucien fut accueilli avec beaucoup d’attention. Il était resté là plus longtemps que d’habitude causant de ses projets d’avenir, louant les prouesses de sa nouvelle moto. Puis vint le moment des séparations.

Rosine qui s’était montrée ce soir plus affectueuse que d’habitude, avait tenu à l’accompagner jusqu’à sa moto. Ce qui surprit Lucien puisque les « au revoir » se disaient à la maison. Sur le seuil, les deux amoureux constatèrent que la moto s’était évaporée ou avait été déplacée. Quelqu’un venait plutôt de la voler. Lucien n’avait même pas pensé à l’anti-vol.

Après quelques minutes de vaines recherches, Rosine se confondait en jérémiades, s’accusant d’être responsable de ce malheur. «Cela ne fait rien, j’en achèterai une plus belle à la fin du mois» avait dit Lucien pour consoler Rosine. Puis ils se séparèrent. Quelques minutes après, des cris venant de la rue parvenaient à Rosine. Elle sortit pour voir ce qui se passait.

Lucien s’était jeté devant une voiture pour se donner la mort. Doucement, elle s’approcha de lui, le consola à son tour. Des explications de Lucien, Rosine comprit que ce dernier avait dû s’endetter auprès de sa banque pour acheter la moto et qu’il lui fallait attendre deux ans pour avoir un autre prêt.

Eric Georges Anani Lawson

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