Depuis 1967, le Togo vit sous une chape de plomb. Des régimes autoritaires, corrompus, criminels et illégitimes se sont installés au sommet de l’État, dans le silence complice de la France et sous la résignation forcée d’un peuple trop souvent trahi, abusé, blessé, humilié, torturé, emprisonné, etc..
Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir par un véritable coup d’État constitutionnel à la mort de son géniteur de père Eyadema — lui-même dictateur sanglant durant 38 ans — s’est incrusté au sommet de l’État togolais comme un parasite sur le dos d’un peuple martyrisé. Cela fait près d’un demi-siècle que la famille Gnassingbé a confisqué le destin de plus de 8 millions d’âmes.
Le pouvoir par le sang
Pour rappel, en 2005, des centaines de Togolais ont été massacrés après la mascarade électorale qui a permis à Faure de s’emparer du pouvoir. Le rapport de l’ONU est sans équivoque: plus de 500 morts, des blessés par milliers, des exactions à grande échelle. La Ligue Togolaise de Droits de l’homme (LTDH) parle plutôt de plus de 1000 morts, tués par les hommes en kaki et les milices du clan Gnassingbé.
Les manifestations récentes des 26, 27 et 28 juin derniers, portées par des milliers de Togolais, lassés de l’éternelle dictature, ont été noyées dans la violence: bastonnades, arrestations arbitraires, tirs à balles réelles, assassinats, exécutions extrajudiciaires. Les enfants n’étaient pas épargnés. Des quartiers entiers ont été militarisés. Le Togo n’est pas gouverné: il est occupé.
Un pays sans institutions, sans justice, sans futur
Le régime Gnassingbé est une monarchie militaire et clanique, maquillée en république. Les élections sont truquées d’avance. La Commission électorale est corrompue et aux ordres du pouvoir. La Cour constitutionnelle est une farce. L’Assemblée nationale, un décor. Le seul contre-pouvoir réel au Togo, c’est le peuple… quand il ose se lever.
Et pendant ce temps, l’État est à l’abandon. Les hôpitaux publics sont des mouroirs. Les écoles sont délabrées. Les enseignants et les soignants sont mal payés, méprisés. L’électricité, l’eau potable, les routes, sont des privilèges pour quelques-uns. L’économie est livrée à des clans proches du pouvoir. La jeunesse n’a qu’un seul avenir: l’exil ou l’errance.
Le despote gouverne par l’usure, la peur, les emprisonnements politiques, les tortures, la tuerie et la manipulation. Il achète les consciences, instrumentalise les divisions ethniques, corrompt les élites. Incapable de répondre aux cris de détresse des Togolais, il préfère paraître sur des podiums internationaux comme médiateur. Quel cynisme!
Il est temps de dire NON
Nous ne pouvons plus rester silencieux. Nous ne pouvons plus tolérer que nos enfants naissent et grandissent dans un pays confisqué. Nous ne pouvons plus détourner le regard pendant que le Togo s’enfonce dans la pauvreté, misère, l’arbitraire, l’injustice, l’humiliation et la peur.

Il faut organiser la résistance
- Résistance civique: par la désobéissance, par la dénonciation, par la solidarité entre les citoyens.
- Résistance politique: par une union sincère des forces démocratiques, sans calcul ni compromission.
- Résistance populaire: dans les quartiers, dans les diasporas, dans les villages, pour faire entendre notre voix, partout et toujours.
L’Histoire ne pardonne pas l’inaction. Le silence est une complicité. Faure Gnassingbé ne tombera pas tout seul. Il tombera si le peuple le décide. Et ce jour-là est proche. Car toute dictature, aussi brutale soit-elle, finit par tomber devant la détermination d’un peuple debout. Togolais, Togolaise, où que tu sois: relève la tête. N’aie plus peur. La patrie t’appelle. Le combat pour la dignité est un devoir. Faure doit partir. Maintenant.
Alex Pitalatcha


