Togo: une République confisquée par le crime politique, financier et la corruption
Tandis que les Togolais peinent à accéder à des soins de santé de qualité, à une éducation équitable ou à des opportunités économiques durables, un mal bien enraciné continue de ronger les fondations de leur République: la corruption systémique.
En 2021, un rapport interne du ministère des finances a révélé la disparition inexpliquée de plus de 22 milliards de francs CFA dans des projets d’infrastructure. L’affaire n’a jamais abouti à des poursuites publiques.
Une impunité organisée depuis plus de 50 ans
Depuis plus de cinq décennies, le Togo est gouverné par la famille Gnassingbé (du père en fils). Cette longévité politique s’est accompagnée, selon plusieurs analystes, d’un système clientéliste où l’accès aux ressources publiques dépend de la loyauté politique. Par exemple, la distribution des commandes des sociétés d’État, est liée à la politique, avec des marchés donnés à des proches du pouvoir. Les marchés publics au Togo sont gangrenés par la corruption dès le lancement des appels d’offres, avec des impacts dramatiques sur l’exécution des projets. Ces pratiques s’inscrivent dans une stratégie politico-économique de contrôle du pouvoir, avec des liens étroits entre élites politiques, népotisme, et violence.
“La corruption au Togo n’est pas accidentelle. C’est une stratégie de gouvernance”, confie un chercheur en science politique basé à Dakar, sous couvert d’anonymat.
Les pertes économiques colossales
La Banque africaine de développement (BAD) estime que la corruption coûte à l’Afrique environ 148 milliards de dollars par an. Pour le Togo, cela se traduit par:
- Des projets avortés ou bâclés
- Des investissements étrangers freinés
- Une fuite massive des talents vers l’étranger
Des coquilles vides comme institutions “anti-corruption”
Créée en 2015, la Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) est censée faire le ménage. Pourtant, depuis sa création, aucun haut fonctionnaire majeur n’a été sanctionné. Le peuple dénonce une institution “cosmétique”, sans pouvoir coercitif ni indépendance.
Les clés du changement et la solution
Les Togolais ne manquent ni d’intelligence, ni de ressources, ni de jeunesse. Ce qui leur manque, c’est d’abord avant tout, un changement total du régime suivi de:
- Une justice réellement indépendante
- Poursuite de tous les auteurs de crimes financiers
- poursuite de tous les criminels politiques
- Une presse libre et protégée
- Des mécanismes de reddition des comptes
- Une volonté politique de rupture avec l’impunité
La corruption est perçue comme un système généralisé touchant aussi bien les petits agents (fonctionnaires, policiers, militaires, gendarmes) que les hautes sphères politiques. Elle est un mal structurel et systémique, allant des pots-de-vin quotidiens aux détournements de fonds publics. Elle freine le développement, détruit la confiance envers l’État et ruine les services publics.
Sans ces éléments, la corruption risque de continuer à confisquer l’avenir du pays – au détriment de millions de citoyens honnêtes.


