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    Togolais, Togolaises, debout, réveillons-nous…

    Togolais, Togolaises, debout, réveillons-nous, il est temps de livrer le combat de notre vie, de notre libération…!

    De tous les dangers qui menacent le Togo dans son ensemble, le plus redoutable pour lui est la tentation du fatalisme, du désespoir, de la résignation et de l’indifférence. Il est vrai que tout y conduit. La lutte courageuse du peuple togolais menée dans sa forme populaire depuis 1990 contre le régime ubuesque, voyou, castrateur et dictatorial de Faure et de son maudit RPT∕UNIR, n’est pas encore parvenue à se débarrasser de ce tyran d’un autre âge. Et l’on peut comprendre que le pays profond qui a tant donné, exige des résultats et s’impatiente de cette opposition qui ne cesse de tergiverser et ne sait pas quoi faire, à part sacrifier la lutte à chaque occasion pour aller à la soupe avec les bourreaux du peuple.

    Il est également vrai que la politique de Faure est une politique cynique et ruineuse qui a installé le pays dans le désastre le plus complet. Dans la sous-région de l’Ouest africain, notre pays, le Togo, demeure, à l’heure actuelle, le pays le moins performant et le plus corrompu, attirant le moins d’investisseurs et de capitaux étrangers. Et pour cause! À l’heure où l’on parle de la globalisation de l’économie mondiale, de la technologie, de la numérisation et de l’industrialisation, quel investisseur sérieux risquerait ses capitaux dans un pays qui ne respecte ni les lois qu’il a lui-même promulguées ni les droits de l’individu? Au Togo de Faure Gnassingbé, la liberté contrairement à la pensée de Cheikh Anta Diop, n’est pas «le droit de faire tout ce que les lois permettent» mais de donner libre cours à la violence et à la force au mépris des lois et de faire ce qui éternisera la dictature du prince. C’est ce qui s’appelle une République bananière. Cette République-là ne peut rien produire de viable ni susciter respect et admiration.

    Comme l’objectif fondamental du régime Faure est de conserver le pouvoir pour le pouvoir et par tous les moyens, le devenir du peuple togolais, le bien-être des fils et filles de ce pays ne semble pas effleurer l’esprit de ce régime. Quelle perspective montre-t-on au pays? Quel cap fixe-t-on pour le développement économique, social et culturel? Rien! Quand la médiocratie va épouser la politique du ventre, elles enfantent le pillage et le marasme. Résultat de cette politique de prédation, les hôpitaux sont des mouroirs, l’école togolaise est complètement par terre, l’économie totalement anémiée, de la gabegie, une corruption qui ne dit pas son nom et le pays entièrement exsangue.

    Avec cette politique complètement désespérée et désespérante et une opposition incapable d’être imaginative, mais surtout se trompant lourdement de combat avec ses divisions, ses coups fourrés, ses peaux de banane, ses traîtrises, etc., qui ne font que les délices du dictateur, la tentation de se laisser aller au fatalisme et à la résignation est grande et réelle.

    Or l’histoire a toujours montré que les renoncements et la soumission aveugle de l’individu à un pouvoir inique – en l’occurrence celui de Faure Gnassingbé – ont enfanté l’abomination. Nous savons aussi que la résignation et l’indifférence sont des maladies contagieuses qui finissent par couper les bras du citoyen et lui enlever toute capacité de réflexion. Refus d’agir et de penser égal la mort. C’est l’équation redoutable que cultivent cyniquement les dictatures et qui constitue le point d’aboutissement des régimes barbares. C’est pourquoi le peuple togolais doit se réveiller pour ne pas mourir de cette mort-là. Le régime Faure n’est pas un régime qui respecte les règles constitutionnelles. Ce n’est pas un pouvoir normal. Quand cette réalité-là devient si banale au point de ne plus provoquer un sursaut national, alors le pays a perdu son âme et les libertés acquises sont en danger.

    On dit souvent que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent. Je ne le pense pas. Le pays mérite mieux que cela. La dictature a-t-elle au Togo plus de partisans que la démocratie? En baissant complètement les bras et en courbant l’échine devant le dictateur, les Togolais sont en train de creuser leur propre tombe en devenant les complices de leurs bourreaux. Devons-nous laisser faire les dirigeants usurpateurs de pouvoir pour qu’ils conduisent le pays à reculons dans le XXIème siècle, à l’heure où nos voisins avancent à grands pas à la satisfaction de leurs peuples, ou bien nous ressaisir pour dire non avec force et détermination à un régime qui n’a aucune légitimité? Pour ma part, je crois fortement au deuxième terme de cette alternative; car ma conviction intime, c’est que la résignation, les compromissions, le renoncement et l’indifférence n’ont apporté que le malheur. Plus fondamentalement encore, aucun régime dictatorial au monde n’a jamais construit le bonheur d’un peuple. Seuls des régimes absolument démocratiques et civilisés ont pu hisser leur nation à des niveaux de vie enviables.

    C’est pourquoi, je souhaite vivement que la société civile togolaise se réveille de son engourdissement pour se constituer en une entité forte capable de faire entendre sa voix, son indignation et, par là, de peser sérieusement sur le devenir de ce pays. La gestion du pays est une réalité trop sérieuse pour la laisser aux seuls politiques.

    Je voudrais ici dire et redire que le peuple togolais doit croire à son avenir. Un avenir nouveau est possible sans Faure. Ce dictateur n’est pas éternel. Il partira si nous le voulons c’est-à-dire  si la lutte courageuse du peuple togolais, qui croit fortement à la démocratie, à la liberté, au sérieux des dirigeants et à une nouvelle classe politique avec des hommes et des femmes honnêtes, travailleurs et ayant des convictions bien établies, peut se renouveler, retrouver un autre souffle et hâter le départ du dictateur, ce serait tant mieux. En tout cas, il ne faut pas lui laisser de répit dans la crise qu’il a engendrée.

    J’ai mal pour mon pays qu’on abîme. J’ai mal pour les citoyens qu’on arrête, qu’on torture, qu’on emprisonne et qu’on tue à cause de leurs opinions. J’ai mal pour les paysans que l’on oppresse et qui pourtant sont la sève nourricière de ce pays. J’ai mal pour la jeunesse qu’on laisse sans avenir. J’ai mal enfin pour le Togo piétiné, pillé, économiquement ruiné et moralement défait.

    Cependant, comme le dit une parole de la sagesse populaire, la période la plus sombre précède toujours l’aurore. Mais cette aurore ne se parera que des couleurs que nous aurons confectionnés non pas avec des irresponsables, mais avec des gens qui croient aux valeurs justes de la démocratie. La véritable! C’est-à-dire celle qui est fondée sur le respect des règles de la légalité, de la transparence et qui refuse la violence et la fraude.

    Alors, Togolaise ma sœur, Togolais mon frère, un avenir radieux est encore possible pour notre pays. À nous de le construire pour que triomphe la légalité sur la force et la barbarie, pour que triomphe la démocratie sur la dictature.

    Réveille-toi et réveille ton voisin qui se laisse gagner par la peur, la résignation et l’indifférence. La lutte pour la démocratie et les libertés individuelles vaut encore la peine. C’est un combat sans cesse renouvelé. Pour un Togo libre, heureux et respecté.

    Anani Ahoévi

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