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Un ivrogne tombe dans…

Un ivrogne tombe dans un puits et meurt

Le 02 mars, dans les parages de Bè-Kpota, un alcoolique invétéré a définitivement vidé sa dernière bouteille de sodabi.

Il est de ces ivrognes qui finissent par se croire invulnérables devant une bouteille de sodabi. C’est précisément le cas de notre homme qui s’était rendu gaillardement dans une maison du quartier, lieu de rendez-vous des soulards et autres amateurs de sodabi.

Il s’est aussitôt mis à boire l’alcool frelaté comme il boirait de l’eau. Il renouvela tant et tant sa consommation qu’il commença à dérailler sérieusement. Il avait l’alcool  joyeux et toisait tout le monde en faisant le clown.

Malgré son état d’ébriété avancé, on continuait à lui servir à boire tant qu’il pouvait payer sa consommation. L’ivrogne animait la maison et se donnait en spectacle. Pris à son propre jeu, il voulut trop en faire et alla s’asseoir sur la margelle du puits du quartier général des buveurs de sodabi tout en tanguant dangereusement sous l’effet des vagues du sodabi décapant, véritable tord-boyaux, qui bousculait le sang dans ses veines et lui embrumait le cerveau. Quelques avertissements se firent, bien sûr, entendre pour le prévenir d’une chute dans le puits, mais le poivrot n’en avait cure, fort de son blindage de sodabi. Que pouvait-il lui arriver, rond comme il était, avec du feu dans les veines?

Soudain, un énorme plouf se fait entendre. L’ivrogne avait disparu de la margelle du puits. Les autres buveurs se précipitèrent autour du puits et virent leur compagnon tout au fond du puits. Le malheureux n’essayait pas d’atténuer l’effet de sodabi zota en le coupant avec l’eau du puits. Il était inconscient et se noyait en avalant l’eau du puits. Les secours furent rapidement organisés et on retira l’ivrogne de l’eau. Il avait le ventre ballonné après avoir bu l’eau mais il était encore vivant. Il fût transporté d’urgence à l’hôpital où il mourut avant même de recevoir les soins nécessités par son état.

Sa famille vint s’en prendre à la vendeuse de sodabi lui reprochant de ne pas avoir couvert son puits d’un couvercle pour éviter de tels accidents.

«Est-ce le puits qui est allé vers l’ivrogne ou l’ivrogne vers le puits»? Telle fut à peu près la réponse faite aux médecins après la mort.

Qui a dit qu’on ne mélange pas impunément l’eau et le feu?

Eric Georges Anani Lawson

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