Voici l’histoire du colibri, racontée par Pierre Rabhi, à partir d’une légende amérindienne. Elle nous amène à réfléchir.
«Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit: «Colibri! Tu n’es pas fou? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu? Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part». Que chacun fasse sa part pour éradiquer la dictature. Si tout citoyen épris de liberté et de justice, fait un petit peu, c’est sûr qu’on va changer les choses.
Le cas de la soi-disant nouvelle Assemblée nationale est l’illustration d’une coque vide mise en place par la dictature pour la maintenir en place. La configuration de ladite Assemblée, est identique à la précédente entièrement monocolore RPT∕UNIR à 100%. Qui sont les députés du nouveau parlement? Tous des apparatchiks du RPT∕UNIR, incapables de dire non à Faure Gnassingbé. Comme d’habitude, on a sélectionné une poignée de pseudo-opposants, aux ventres mous et bien tendus avec des dents de phacochères, qui ont déposé leurs demandes d’adhésion comme néo-RPT∕UNIR, pour berner l’opinion internationale de la pluralité et de la transparence de ces élections bidons. Ces députés lèche-cul sont inutiles pour la cause du peuple togolais. Que font-ils concrètement à part toucher de grasses indemnités, se demande-t-on dans les milieux de la population?
Ces soi-disant opposants qui cherchaient l’occasion d’aller à la mangeoire et qui tentent maintenant de faire diversion en essayant de détourner l’attention de la population qui avait boycotté massivement ces mascarades d’élections, sur des futilités pour masquer leurs jeux louches, ne distrairont pas le peuple de sa détermination à chasser ses bourreaux. Si d’aucuns ont fait un choix clair au profit de leur ventre, ils ne peuvent refuser de l’assumer, nous refuser de l’écrire. Le vaillant peuple togolais lutte depuis plusieurs décennies, contre vents et marées, pour se débarrasser de cette dictature d’un autre âge. Les arrestations arbitraires, les tortures, l’embastillement, les chantages, les intimidations, les assassinats ne pourront pas nous ôter de la tête d’être libres.
Dans ce combat titanesque pour la liberté de tout un peuple, plongé dans la misère et la médiocrité par une dictature, il n’y a pas de répit, ni de pause, chaque combattant de la liberté, soucieux de l’avenir de notre pays, doit se lever, doit lutter contre les usurpateurs et criminels jusqu’à leur départ définitif. Non, nous sommes au service du peuple et n’avons nullement l’intention de céder ou d’obtempérer aux intimidations et menaces fanfaronnes des politicards alimentaires et voyous. Qu’il soit clair pour les apôtres de l’arbitraire et de l’injustice, que nul n’arrête le cours de l’histoire. Il n’est pas question pour nous d’adopter une neutralité complice dans un pays où le pillage des richesses, le vol, le détournement, le népotisme, la gabegie, le gaspillage, l’enrichissement illicite, le mensonge, le crime d’État sont devenus la mode pour ceux qui croient porter le Togo sur leurs épaules.
Il n’est pas non plus question pour nous, défenseurs de la liberté, de la vraie justice, de nous occuper des chiens écrasés alors que les tenants de l’ordre ancien continuent de bafouer les droits et libertés fondamentales, principe élémentaires de la déclaration universelle des droits de l’homme ratifié par le Togo, notre pays à tous. C’est en toute conscience et avec courage que nous avons choisi d’être la voix des sans voix. La voix de ceux qu’on assassine, la voix de ceux qu’on envoie en exil, la voix de ceux qu’on persécute quotidiennement parce qu’ils ont des opinions divergentes de celles d’une bande de canailles, la voix de ceux qu’on oblige par harcèlement à regarder dans la même direction, la voix de ceux qu’on traque parce qu’ils sonnent l’alerte, la voix de ceux qui dénoncent les voyants rouges de l’État voyou. Nous refusons au nom de la liberté qui nous appartient de marcher avec les plus forts. Ceux-là qui ont fait main basse sur la richesse du peuple. Nous refusons d’écouter et d’obéir à ceux qui se sont appropriés le pays avec la bénédiction et la complicité d’une certaine France immorale et de certaines crapules de pseudo-opposants.
Disons avec le regretté Bob MARLEY: «We refuse to be what the want us to be. We are what we are. (Nous refusons d’être ce qu’ils veulent que nous soyons. Nous sommes ce que nous sommes)».
Je fais ma part!
Didier Kpogo


