AccueilMise au pointUne tentative de déstabilisation de Lolan

Une tentative de déstabilisation de Lolan

Depuis quelques jours, circulent sur les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp etc.) des articles et messages, souvent signés Prince Latévi Bonéro Bétum-Lawson, où l’on accuse le Régent, Lawson Body Latévi Adondjégoun Bède, et le Conseil de Régence, non seulement de détournements de fonds, mais aussi d’avoir perverti la procédure de sélection du prochain roi pour imposer quelqu’un  à la tête de Lolan. Ce n’est pas la première fois qu’à l’occasion de l’organisation de la succession au trône de Lolan, des dissensions apparaissent. En général, une solution est toujours trouvée en interne, sans bruits ni fureur. Cette fois-ci, avec l’effet de loupe que procure les réseaux sociaux à tout message qui y est publié, on a l’impression que quelque chose de terrible est en train de se passer à Lolan. On verra dans les lignes qui suivent qu’il n’en est rien. Que tout le monde soit donc rassuré!

Une démarche saine

En voyant le torrent de boue déversé sur les réseaux sociaux par Bonéro, la première question qui vient à l’esprit est : Pourquoi des Akangnan (Lawson) qui considèrent que quelque chose va mal à Lolan, préfèrent-ils répandre leurs récriminations sur les réseaux sociaux au lieu de s’approcher du trône pour régler les problèmes en interne ? Quel intérêt ont-ils à agir ainsi ? La recherche de la réponse à cette question nous a mené à la conclusion que dans cette affaire, Bonéro, que certains pourraient prendre pour un « fou du roi » (mais un vrai fou du roi dit la vérité au roi et non des mensonges), a été manipulé pour des objectifs inavoués. Cela n’enlève rien à la responsabilité personnelle de Bonéro qu’on présente souvent comme un journaliste. S’il a effectivement suivi une formation de journaliste, il n’a probablement rien compris aux cours qui lui ont été dispensés à l’Ecole de journalisme. En effet, quand un journaliste honnête, travaillant selon la déontologie journalistique, reçoit une information, il procède de la façon suivante : il enquête et, par des recoupements, il confirme ou non l’information ; si l’information est confirmée, il contacte chacune des personnes impliquées dans l’affaire pour avoir sa version; c’est une fois toutes ces informations collectées qu’il peut publier un article qui soit la plus proche possible de la vérité. Bonéro n’a jamais eu une telle démarche. D’ailleurs personne ne le voit à Lolan. Heureusement, tout le monde ne fait pas comme lui. La plupart ont une démarche saine.

Le brouhaha fait sur Internet, par effet de loupe des réseaux sociaux, est tel que certains membres du Conseil de Régence ont voulu savoir ce qu’il en est réellement. Leur démarche est compréhensible car, à cause du secret, qui traditionnellement entoure le choix du prochain roi, seule une équipe extrêmement restreinte participe à la procédure correspondante. On peut être membre du Conseil de Régence et ne pas faire partie de cette équipe. Ces membres du Conseil de Régence ont donc pris rendez-vous avec le Prince Régent. La rencontre a eu lieu le vendredi 13 février 2026 après-midi. Étaient présents le Prince Régent et un de ses conseillers, deux membres du Conseil de Régence, initiateurs de la rencontre (ils devaient être trois mais l’un d’eux n’a pas pu y assister à cause d’un imprévu), et l’auteur des présentes lignes qui accompagnait l’un des membres du Conseil de Régence. La rencontre n’a pas traité des calomnies (de détournements de fonds etc.) mais principalement de la procédure de sélection du prochain roi. Néanmoins, avant d’aborder cette dernière question, nous allons d’abord parler des calomnies déversées par Bonéro sur le Régent et des membres du Conseil de Régence.

Un torrent de boue

Dans un des messages postés par Bonéro sur Internet, on peut lire ceci: «Après avoir trimé (sic!) et manipulé les Akangban pour imposer Bézi Latévi Adondjégoun à la place de qui (nous le savons), les voleurs de la résidence royale de New London, ont mis en scelle un réseau de pillage et de détournement de fonds destinés aux obsèques et funérailles de Togbé Ahuawoto Savado ZANKLI LAWSON 8». Et plus loin: «Comme si cela ne suffisait pas, des projets qui n’ont rien avoir (re-sic!) avec la régence, ont vu le jour. Clôture de la forêt sacrée (…) le gestionnaire dictateur du Trône ne fait qu’acheter des terrains et exécuter des chantiers pour lui-même de gauche à droite (re-sic!) dans les Lacs ».

Il a même été jusqu’à traiter un des membres du Conseil de Régence de «véreux vieux sans couilles». C’est à se demander si Bonéro connaît la personne qu’il traite ainsi et s’il connaît réellement le sens du mot «véreux». Selon le dictionnaire Le Robert, «véreux» veut dire «foncièrement malhonnête (exemple: agent, financier véreux)». En tenant compte des agissements de Bonéro, n’est-on pas en droit d’appliquer le qualificatif de «véreux» à lui-même?

En effet, qui peut se mettre à verser un torrent de boue sur des gens qu’il ne connaît même pas? Qui peut accuser des gens de détournements de fonds sans apporter la moindre preuve, ni indiquer ne seraient-ce que les montants présumés détournés? Qui peut balancer sur les réseaux sociaux que le Prince Régent achète des terrains et lance des travaux un peu partout dans la préfecture des Lacs, sans indiquer ne serait-ce qu’un seul bien immobilier concerné? Qui, sinon quelqu’un qui est en service commandé (pour des objectifs inavoués), quelqu’un qui a touché de l’argent pour ces basses besognes? Seul un véreux peut s’adonner à de telles bassesses.

Bonéro raconte des bêtises parce qu’il ne connaît rien de la vie de Lolan. On ne l’y a presque jamais vu. S’il y venait de temps en temps, il saurait au moins qu’une des principales tâches du Prince Régent c’est de préparer les lieux pour le nouveau roi. L’appartement du roi et tout autre lieu nécessaire au bon fonctionnement de Lolan doit être mis ou remis en bon état avant l’intronisation. C’est le cas de la forêt sacrée appelée « Lolanvé». Cette forêt sert à différente cérémonies, notamment lors de l’intronisation. Cette forêt, qui a été dépassée par l’extension de la ville d’Aného, est aujourd’hui encerclée par des maisons d’habitation. Elle n’était pas clôturée. De ce fait, certains habitants du quartier en avaient fait leur dépotoir. Certains y déféquaient même. Pouvait-on laisser Lolanvé dans cet état-là? Manifestement non.

La clôture de Lolanvé s’est donc imposée comme une nécessité. Et si le projet de clôture de Lolanvé a été finalement réalisé sous le Prince Régent, c’est sous feu Togbé Ahuawoto Savado Zankli Lawson VIII que la première étude de ce projet a été lancée (l’auteur des présentes lignes fait partie de ceux qui ont mené cette première étude). Si Bonéro n’est même pas au courant d’une information aussi élémentaire, ne lui demandez pas de savoir combien un tel projet a réellement coûté, ni les raisons d’un dépassement éventuel de budget. C’est trop fort pour lui qui, probablement n’a jamais eu l’expérience d’un projet de Génie civil d’une certaine envergure.

Qui n’a jamais élevé de poulets ne doit pas se mêler des affaires de l’épervier

Au demeurant, Bonéro se plaint de détournements de fonds dont le Prince Régent et des membres du Conseil de Régence seraient les auteurs. De quel droit vient-il se mêler des affaires des finances de Lolan? Sait-il que Lolan ne dispose d’aucun trésor personnel  que des gens dilapideraient? Les recettes qu’engrange Lolan par son activité administrative couvrent à peine ses besoins de fonctionnement. De ce fait, pour tout projet dont le budget est relativement élevé (travaux de Génie civil, funérailles du roi, intronisation du roi, célébration du nouvel an guin – Epé-Yé-Kpé – etc.), Lolan s’adresse toujours aux Akangban et aux familles alliées pour des dons. Et la collecte de ces fonds est aujourd’hui publique. La liste des donateurs et des montants versés est publiée sur WhatsApp presque au jour le jour. On n’a jamais vu le nom de Bonéro apparaître dans une liste de donateurs.  Pourtant il veut se mêler de la manière dont les fonds collectés ont été gérés.

De quel droit? Rappelons qu’à la fin de tout projet, un compte-rendu, notamment financier, est publiquement fait au cours d’une réunion à Lolan, des Chefs de lignage, des Chefs des familles alliées, des notables, des chefs de quartiers, des responsables des associations et structures relevant de Lolan, avec la possibilité pour toute personne de vérifier les pièces comptables si elle le souhaite. Bonéro a-t-il fait au moins une telle démarche, comme l’exige la déontologie journalistique (si toutefois il est journaliste)? Non! Pourtant, il accuse des gens de détournements de fonds sans aucune preuve. Alors, pourquoi cela ? Lorsqu’on met bout à bout les informations, on commence à avoir une vision globale du problème qui est à la base de ce torrent de boue jeté sur Lolan. Il s’agit d’ambitions contrariées.

Des ambitions contrariées

Dans la citation que nous avons faite plus haut, Bonéro écrit «Après avoir trimé (sic!) et manipulé les Akangban pour imposer Bézi Latévi Adondjégoun à la place de qui (nous le savons)». Il reproche donc au Prince Régent d’avoir pris, pour cette fonction, la place de quelqu’un d’autre. Qui? Bonéro n’a pas eu l’amabilité de nous donner le nom de cette personne à qui certains pensent que la fonction de Régent devait revenir. De quel droit? Nous verrons plus loin que tout ce qui se dit aujourd’hui sur la sélection du prochain roi est à classer dans la même rubrique des ambitions contrariées.

La sélection du prochain roi

De prime abord, précisons la chose suivante: au moment où nous écrivons les présentes lignes, il n’y a aucun texte régissant le fonctionnement de Lolan et de ses institutions. Que ce soit dans le fonctionnement ordinaire, ou lors de la désignation d’un régent ou du choix d’un nouveau roi, il n’y a aucune règle précise. Aucune Charte, l’équivalent d’une Constitution, n’existant (mais ce défaut sera corrigée avant l’intronisation du prochain roi), on peut dire que les choses se faisaient selon la tradition de telle manière que la cohésion des Akangban et des familles alliées soit préservée. C’est dire que toutes les règles citées par Bonéro ou que ses commanditaires lui ont soufflées ne sont que de pures inventions:

Conformément à la tradition, lorsqu’un roi décède, ce sont les personnes proches du trône qui prennent les devants pour rapidement choisir un régent: plusieurs noms sont proposés et une consultation des esprits supérieurs (Mawu, l’Insurpassable, ses autres manifestations que sont les vodous, et les ancêtres méritants divinisés) à travers Afan permet de choisir l’un d’eux. Il n’y a donc personne qui aurait dû être régent. Celui qui est régent c’est celui qui a été désigné par Afan. Toute société a sa manière de se structurer. Chez nous, la plupart des gens croient que pour faire un choix, il faut faire confiance à Afan. Si on y croit, il faut accepter ce que Afan a dit (même si on n’y croit pas, car ce serait alors juste un jeu de hasard). Il faut arrêter de dire que le Prince Régent actuel a été imposé à la place d’une autre personne.

La fonction de roi doit nécessairement passer d’un lignage à un autre, à tour de rôle (doit donc faire le tour de tous les lignages). C’est faux. Rien ne l’impose dans la tradition.

Un fils ne peut pas devenir roi si son père (son grand-père …) a déjà été roi. C’est aussi faux.

Le prochain roi ne doit avoir aucun lien de famille avec le Régent qui a conduit les affaires de Lolan jusqu’à son intronisation. C’est encore faux (ne serait-ce qu’à cause des liens de parenté qui nous unissent tous). Il suffit de consulter la liste des précédents rois pour se rendre compte que les règles qui sont brandies dans les messages de Bonéro n’ont jamais été appliquées à Lolan.

On peut dire que, pour le choix du roi, la procédure qui est appliquée est une procédure qui nous vient de la nuit des temps, probablement depuis la vallée du Nil, puisqu’on la retrouve chez presque tous les peuples africains. Lorsqu’un roi meurt, son successeur n’est pas forcément un de ses enfants mais ses enfants ne sont pas non plus automatiquement exclus de la succession. Parmi les personnes susceptibles de devenir roi, un comité restreint choisit un certain nombre. Ensuite on s’adresse aux oracles (chez nous, c’est Afan) pour déterminer le meilleur choix. L’oracle peut rejeter chacun des noms de la liste présentée comme ne pouvant pas faire un bon roi ; dans ce cas, il faut tout recommencer. Toute la procédure est toujours entourée de secret.

Dans le cas qui nous concerne, a-t-on suivi une telle procédure?

Selon les informations fournies par le Prince Régent à la rencontre du 13 février dernier, les choses se sont passées de la manière suivante:

Après qu’il a été demandé à différentes réunions des Chefs de lignage que les informations concernant ceux qui sont susceptibles d’être choisis comme prochain roi, remontent à la Régence, un petit comité a été constitué – secret de la procédure oblige – chargé d’établir une liste de potentiels futurs rois. Cette liste comportait les noms de 4 personnes.

La Régence a ensuite été contactée par un certain autoproclamé «Comité de Princes» qui lui a soumis une autre liste de potentiels futurs rois. Cette liste qui comportait aussi 4 noms, a une particularité : elle comportait deux noms qu’on retrouve aussi sur la liste établie par le comité restreint de la Régence.

Le comité restreint de la Régence a accepté leur liste et l’a fusionnée avec celle qu’il avait établie pour obtenir une liste de 6 noms. Ce point est très important à noter. Cela veut dire qu’aucun nom officiellement proposé, même par des gens qui n’avaient aucune qualité à le faire, n’a été rejeté par le Régent et le comité restreint.

La liste des potentiels futurs rois étant prête, la séance de consultation de l’oracle Afan a été convoquée, avec les précautions suivantes: 3 bokonon ont été appelés (1 du Bénin, 1 de Séko, plus le bokonon qui officie généralement à Lolan) ; chaque nom de la liste a été mise dans une enveloppe séparée fermée, seul le prénom akangban figurait sur l’enveloppe (et si le même prénom akangban devait apparaître deux fois, l’un était suffixé de 1 et l’autre de 2); donc les participants à la séance ne savaient pas quel nom était dans quelle enveloppe. A cette séance, outre les 3 bokonons et le Régent, il y avait une Tassinon, Togbé Agbanmi (le houn-non du couvent d’Agbanmi), un représentant de la Commission « Us et coutumes », un représentant de chacune des 3 familles qui fournissent des ministres traditionnels à Lolan (Wilson, Gomez, Creppy), un représentant des Chefs de quartier et un représentant du lignage du roi défunt. Au total 12 personnes, dont 3 bokonon.

Résultat de la consultation: 5 noms de la liste ont été rejetés par Afan comme ne pouvant pas faire de bons rois. Seul un nom a été retenu par Afan pour devenir le futur roi. Les enveloppes contenant les noms rejetés ont été brûlées sur place. À la sortie de la séance, tous les participants ont exprimé leur satisfaction. La procédure qui a abouti au choix du prochain roi a donc été conduite selon la tradition, en toute transparence.

Alors, nous pouvons rassurer les fils et filles akangban et des familles alliées. N’ayez pas peur ! Rien de grave ne se passe à Lolan. Ceux qui sont en charge aujourd’hui de Lolan le gèrent au mieux des intérêts du trône. Tout ce tapage sur Internet, grossi par l’effet de loupe des réseaux sociaux, n’est que la manifestation des ambitions contrariées d’une ou deux personnes.

Ensemble, mettons fin à cette entreprise de déstabilisation de Lolan!

Le 16/02/2026

LAWSON DRACKEY Messan Agbogbankou II

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