Dans un pays où l’impôt devrait être le socle du vivre-ensemble, il existe une institution qui a réussi l’exploit de transformer cette noble mission en un théâtre d’ombres, où se jouent chaque jour des scènes dignes d’une tragicomédie nationale. L’Office togolais des recettes — OTR pour les intimes, ou plutôt pour les initiés — semble s’être mué, au fil du temps, en une sorte de laboratoire expérimental où l’on teste jusqu’où un peuple peut être pressé… sans jamais rompre. Ou du moins, sans qu’on ne s’en soucie vraiment.
L’OTR, (Office togolais des Recettes) est le brumeux établissement public de la surévaluation, du racket, du détournement des fonds publics et de la corruption extrême. Personne n’en dit du bien. Les dénonciations et les insultes le plongent dans la merde. Les inspectrices et perceptrices de recettes, continuent de devenir milliardaires par la grâce de la corruption et du détournement des fonds publics. Le public volé, triché, lessivé ne les porte pas dans son cœur. Les cadres de l’OTR, sont porteurs d’infamie et de grands malheurs. Il faut dissoudre cette boîte de toutes les magouilles, à la grande satisfaction du peuple togolais.
Car pendant que ce dernier lutte pour survivre… que les commerçants comptent leurs pertes… que les entrepreneurs étouffent sous des charges imprévisibles… d’autres s’enrichissent vite, trop vite, sans explication. Une richesse qui insulte la misère et une opulence qui provoque la colère. Un système où l’arbitraire remplace la loi, où le pouvoir devient une monnaie et où la peur est utilisée comme outil de gestion. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le peuple n’est pas aveugle et tôt ou tard, refusera de payer l’injustice, de financer son propre écrasement et de ne plus jamais se taire face à ce qui le détruit.
En ce moment, la colère monte, sourde, contenue, mais réelle. Une colère nourrie par les injustices répétées, par les humiliations silencieuses, par cette impression écrasante d’un système verrouillé où le citoyen n’a jamais raison. Et à force de tirer sur la corde, elle finit toujours par céder. Car un peuple peut supporter beaucoup, mais pas indéfiniment l’injustice organisée et pas éternellement le mépris institutionnalisé.
Mais, c’est sûr qu’il y a un jour qui se dessine à l’horizon. Ce jour-là, c’est celui où la résignation cède la place à la dignité, où la peur change de camp et qu’un soulèvement populaire balayera définitivement le régime corrompu et ses complices. Le jour où ceux qui imposaient trembleront devant ceux qui subissaient.
Kodjo Koumaplé


