Entrez, entrez! Bienvenue dans le cirque judiciaire togolais, où les «petits avocats» jouent leur numéro préféré: la trahison en robe noire. Oubliez l’image noble du défenseur du peuple. Ici, on a droit à un défilé d’animaux de foire et de parasites en toge.
Le caméléon en cravate. Toujours changeant, toujours adaptable, il prend la couleur du bureau dans lequel il se trouve. Rouge colère dans un bar pour critiquer le régime, vert espoir quand il promet aux militants d’être «avec eux», puis bleu docile quand il s’agenouille devant un ministre. Sa spécialité? Ne jamais avoir d’opinion fixe, sauf celle du dernier qui a payé l’addition.
Ce vautour affamé, on le reconnaît à son regard vide et à son flair impeccable. Il plane au-dessus des malheurs du peuple. Un prisonnier politique? Il fond dessus pour monnayer une fausse défense. Une famille en deuil? Il surgit pour proposer «ses services» contre quelques billets. Le vautour ne plaide pas, il se nourrit de cadavres sociaux.
C’est un vrai singe acrobate. Maître du numéro de contorsion, il passe d’un discours de «défenseur des droits» à une plaidoirie pour l’oppresseur avec la souplesse d’un acrobate de cirque. À force de grimper aux rideaux pour attirer l’attention, il finit toujours par retomber… dans la poche du pouvoir.
En véritable rat de palais, il est petit, discret, mais toujours à l’affût des miettes tombées des tables ministérielles. On le croise dans les couloirs sombres, carnet à la main, notant les faveurs promises. Il se faufile, il grignote, il ronge la justice à petit feu. Pas dangereux par lui-même, mais dévastateur en bande organisée.
Ce perroquet servile ne pense pas, il répète. «L’État de droit existe», «La justice est indépendante», «Les manifestations sont autorisées». Des phrases recrachées mot pour mot, apprises comme un poème d’école. Le perroquet ne plaide pas, il psittacise.
Pendant que ce zoo judiciaire s’agite et se gave de miettes, le peuple, lui, crie justice. Mais qui l’entend encore, quand les cris des opprimés sont couverts par les braiements des singes, les croassements des perroquets et les ricanements des hyènes en toge?
Un jour viendra où la foire fermera, où les cages seront ouvertes, et où cette ménagerie grotesque sera livrée au seul juge incorruptible: le peuple. Et le peuple, lui, n’aura pas la main légère. Car la trahison d’un avocat n’est pas une erreur: c’est un crime contre la dignité.
Anani Ahoévi






On les voit arriver de loin : cravate mal ajustée, mallette vide mais sourire carnassier. Ce sont les petits avocats du Togo. Pas petits par la taille, non, petits par l’ambition, minuscules par la conscience, lilliputiens par la morale. Ils sont la nouvelle génération de marchands de justice, ces épiciers du droit qui vendent des plaidoiries comme on vend du piment au marché.
Les maudits!