Contexte et justification
Le Bénin, pays d’Afrique de l’Ouest, dispose d’un potentiel agricole considérable grâce à ses terres arables, sa diversité climatique et sa main-d’œuvre disponible. Cependant, malgré ces atouts, le pays demeure dépendant des importations alimentaires, notamment du riz, du blé et des produits transformés. Cette dépendance rend le pays vulnérable aux fluctuations des prix internationaux et menace la sécurité alimentaire des populations.
Face à l’augmentation de la population, aux effets du changement climatique et à la pauvreté rurale persistante, le renforcement de l’autosuffisance alimentaire est une nécessité stratégique. Le projet PIAAB vise à promouvoir la production, la transformation, la conservation et la commercialisation durables des produits alimentaires locaux.
Objectifs du projet
Objectif global:
Renforcer l’autosuffisance alimentaire au Bénin en valorisant la production agricole locale et durable.
Objectifs spécifiques:
- Augmenter la production des cultures vivrières stratégiques (maïs, manioc, riz, igname, soja).
- Améliorer les techniques de conservation et de transformation des produits agricoles.
- Renforcer les capacités des producteurs et productrices à travers la formation et l’accès aux intrants.
- Développer les circuits de commercialisation des produits locaux.
- Encourager la consommation des produits locaux au niveau national.
- Résultats attendus
- La production des cultures vivrières est augmentée de 30 % en 5 ans.
- 100 coopératives agricoles bénéficient d’équipements modernes de transformation.
- 5 000 producteurs sont formés sur les techniques agroécologiques et post-récolte.
- Des marchés locaux et régionaux sont mieux approvisionnés en produits locaux.
- Une campagne de communication nationale favorise la consommation locale.
- Activités principales
Axe 1: Production agricole
- Distribution de semences améliorées et d’intrants naturels.
- Mise en place de champs écoles paysans.
- Introduction de techniques agroécologiques (compost, paillage, rotation).
Axe 2: Transformation et conservation
- Construction de mini-unités de transformation (manioc, soja, maïs).
- Formation en hygiène alimentaire et emballage.
- Dotation en silos et équipements de stockage.
Axe 3: Formation et renforcement de capacités
- Organisation d’ateliers sur l’agriculture durable.
- Encadrement technique des coopératives.
Axe 4: Commercialisation
- Création de points de vente communautaires.
- Promotion de labels “Produit local béninois”.
- Mise en place de partenariats avec les cantines scolaires et hôpitaux.
Axe 5: Communication et plaidoyer
- Campagnes médias (radio, TV, réseaux sociaux).
- Mobilisation des leaders communautaires et religieux.
- Zones d’intervention
- Départements cibles : Borgou, Zou, Mono, Collines, Atlantique.
- Priorité aux zones rurales à fort potentiel agricole mais à faible productivité.
6. Partenaires du projet
- Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche
- ONGs locales et internationales (ex. GIZ, Agrisud, TechnoServe)
- Organisations paysannes et coopératives agricoles
- Communes et préfectures
- Secteur privé agroalimentaire
7. Durée du projet
5 ans (2025–2030)
Tableau budgétaire du projet PIAAB (en FCFA)
| Composante | Montant (FCFA) |
| Production agricole durable | 983 935 500 FCFA |
| Transformation et conservation | 787 148 400 FCFA |
| Renforcement des capacités | 524 765 600 FCFA |
| Commercialisation & sensibilisation | 459 169 900 FCFA |
| Gestion, coordination & suivi-évaluation | 524 765 600 FCFA |
| Total général | 3 279 785 000 FCFA |
Note de justification des coûts du projet PIAAB
1. Production agricole durable – 983 935 500 FCFA
Cette composante représente le cœur du projet, visant à améliorer la productivité vivrière. Les coûts couvrent :
- L’achat et la distribution de semences améliorées et intrants naturels (compost, biofertilisants).
- L’installation de 100 champs écoles paysans, accompagnés par des techniciens agricoles locaux.
- Le déploiement de systèmes d’irrigation solaire à petite échelle dans 50 sites à fort potentiel mais affectés par les sécheresses.
- L’acquisition d’équipements agricoles manuels (houes, pulvérisateurs) pour 3 000 petits producteurs.
- La fourniture d’outils numériques simples pour le suivi (kits mobiles/tablettes).
Justification : Ces investissements sont essentiels pour atteindre une hausse de 30 % de la productivité vivrière dans les zones ciblées.
2. Transformation et conservation – 787 148 400 FCFA
Cette composante vise à réduire les pertes post-récolte et valoriser les produits locaux :
- Construction et équipement de 50 unités de transformation communautaires (manioc, soja, maïs).
- Installation de séchoirs solaires et de silos/magasins pour la conservation.
- Formation de 500 membres de coopératives sur l’hygiène, la transformation artisanale et l’emballage.
Justification : Plus de 30 % des pertes agricoles au Bénin sont dues à un manque de moyens de transformation/conservation. Cette composante est cruciale pour assurer un stockage sécurisé et l’accès au marché.
3. Renforcement des capacités – 524 765 600 FCFA
Le projet prévoit la formation de 5 000 producteurs sur les pratiques agroécologiques, la gestion d’exploitation et la gouvernance coopérative :
- Formations techniques et entrepreneuriales.
- Création de fonds rotatifs communautaires pour améliorer l’accès au financement local.
- Intégration de 200 jeunes agripreneurs dans des filières agricoles porteuses.
- Appui ciblé à 50 groupes de femmes rurales à travers des activités génératrices de revenus et d’alphabétisation.
Justification : La formation garantit la durabilité à long terme du projet et l’autonomisation des populations locales.
4. Commercialisation et sensibilisation – 459 169 900 FCFA
Cette composante vise à connecter les producteurs aux marchés et à stimuler la demande locale :
- Aménagement de 30 marchés locaux avec équipements sanitaires et d’exposition.
- Création d’un label « Produit local béninois », certifié et promu.
- Déploiement d’une plateforme digitale de vente locale, intégrée aux pratiques des coopératives.
- Partenariats avec les cantines scolaires et centres de santé pour intégrer les produits locaux dans leurs approvisionnements.
- Campagne média “Consomme Béninois” à l’échelle nationale.
Justification : Un bon accès au marché est essentiel pour rentabiliser la production locale. Cette composante est clé pour assurer la viabilité économique du projet.
5. Gestion, coordination et suivi-évaluation – 524 765 600 FCFA
Cette ligne couvre les frais de gestion administrative, de coordination technique et d’évaluation du projet:
- Recrutement d’une équipe projet (coordonnateur, assistant technique, agents terrain).
- Bureau régional équipé (loyer, internet, logistique).
- Missions de suivi trimestrières.
- Évaluation d’impact finale indépendante.
- Audits financiers annuels.
- Organisation de réunions semestrielles du comité de pilotage.
Justification : Une gestion rigoureuse et un bon pilotage sont essentiels pour atteindre les résultats escomptés et rassurer les bailleurs sur la transparence du projet.
Conclusion
Le budget du projet PIAAB a été établi de manière réaliste, modulaire et conforme aux prix moyens du marché béninois. Il vise un impact mesurable sur la sécurité alimentaire, les revenus ruraux et la consommation locale. Chaque franc investi bénéficiera directement aux communautés agricoles, tout en renforçant les capacités structurelles du pays à long terme.
Suivi et évaluation
- Indicateurs SMART définis pour chaque activité.
- Rapports trimestriels et évaluation mi-parcours.
- Évaluation d’impact en fin de projet par une structure indépendante.
- Intégration d’un système de suivi numérique (application mobile + bases de données locales).
9. Partenaires et co-financement
| Partenaire | Rôle |
| Ministère de l’Agriculture | Supervision et appui technique |
| ONG locales | Mise en œuvre terrain, animation |
| Coopératives agricoles | Bénéficiaires directs, gestionnaires d’équipements |
| Bailleurs de fonds (UE, FAO, GIZ, AFD, FIDA) | Financement, expertise |


